illustration du Languedoc-Roussillon

Superficie, départements et régions viticoles

Les deux régions forment un territoire étendu sur 5 départements (l’Aude, le Gard, l’Hérault, la Lozère et les Pyrénées-Orientales) qui va de la frontière espagnole à l’ouest du delta du Rhône. La topographie fait de cette vaste région, entre mer et montagne, un amphithéatre où les terroirs sont variés. Compte-tenu de sa grande superficie, à hauteur de 337 000 hectares, la région est un acteur important de la viticulture française . A titre de comparaison, le vignoble américain compte 310 000 hectares. Les vignobles sont plantés sur des plaines, en coteaux ou sur des chaînes de montagne des Pyrénées. Le département des Pyrénées Orientales produit à lui seul 90% des Vins doux Naturels de France (Banyuls, Banyuls Grand Cru, Maury, Muscat de Rivesaltes, Rivesaltes).

Climat

Près de la méditerranée et dans l’arrière-pays, l’ensoleillement est excellent. Les précipitations se concentrent à l'automne et au début du printemps. La période estivale, très sèche, favorise la maturité du raisin. Le vignoble s'y sent bien grâce à des conditionns d'ensoleillement et de température optimales. La région étant venteuse, l'évaporation des sols et des plantes permet une excellente restitution de l'essence des grappes. La tramontane reste un des seuls régulateurs thermiques de la région.

Caractéristiques des vins

Si les blancs secs de la région sont peu réputés, Kermit Lynch, en incitant à la fermentation malolactique, les a rendus plus doux, plus légers, à la finale comprimée. Désormais, la région abrite une grande diversité de crus : les imitations médiocres de Bordeaux côtoient les vins aux arômes de cèdre, de garrigue, de fruits noirs et d’épices. Le Languedoc est une terre où les vins de pays (IGP) sont très nombreux. Le Languedoc est le premier producteur mondial de vins de cépages et le leader des vins de pays en France. Cette réussite, il la doit aux nombreux vignerons qui ont su adapter leur production à un marché exigeant. La fin de la production de masse permet à la région de se forger une identité et une nouvelle image synonyme de qualité. Ce changement est en cours et seul le travail des vignerons permettra de faire rayonner ce vin plein de surprises. 

Cépages

Les cépages les plus prolifiques de la région sont le Carignan, le Cinsaut, le Syrah et la Roussanne. On trouve, parmi les cépages les plus utilisés, le Carignan, la Grenache, le Cinsault, le Mourvèdre, le Merlot, le Syrah et le Cabernet-Sauvignon en rouge ; le Muscat, le Grenache blanc, le Rolle, le Malvoisie, le Chardonnay, le Viognier, le Sauvignon blanc, le Marsanne et la Roussanne en blanc.

Histoire

La plupart des historiens reconnaissent que les premiers ceps furent plantés par les Romains au Ier siècle avant J-C. D’abord importé d’Italie, le vin fut ensuite produit par les gaulois en grande quantité, ce qui concurrença les vins italiens et poussa Rome à interdire aux gaulois de cultiver la vigne, interdiction levée en 294 par Probus. Et ce ne fut pas une erreur, puisque les gaulois se montrèrent très assidus quant à l’entretien des vignes et très ingénieux en ce qui concernait la valorisation économique apportée au vin (ajout de goûts artificiels, changement de couleur, goût fumé …).

 

Au Vème siècle, les Francs, en attaquant la région, détruisirent dans le même temps le vignoble du Languedoc-Roussillon. Ajouté à la mauvaise situation économique, la vigne fut en péril. Charlemagne décida alors de restreindre la culture de la vigne pour se concentrer sur la culture de céréales nécessaires à la survie. En outre, les moines s’occupèrent du vignoble et les croisés rapportèrent de Jérusalem des cépages nouveaux qui démarquèrent la région par la diversité et la qualité de ses vins. En 1350, les mélanges furent proscrits par le roi Jean II pour conserver ces spécificités.

 

À la Renaissance, l’édit de 1553 proclamé par Charles IX freina l’expansion du vignoble afin de se consacrer à la culture de denrées alimentaires. Le 1er brut, nommé Blanquette, Crémant ou Limoux, fut produit à l’époque par un moine qui découvrit comment rendre le vin effervescent. Malgré les lourds dégâts provoqués par les guerres de religion, la viticulture se maintint sous Herri IV. Au XVIIIème siècle, la lutte contre le protectionnisme fut amorcée afin de protéger la production régionale de certains agriculteurs d’où la proclamation de la libre circulation des vins par Turgot en 1776, rendant, ainsi, le Languedoc-Roussillon la région viticole la plus productive.

 

À la fin du XVIIIème siècle, les viticulteurs luttèrent contre certaines plaies qui ravageaient les vignes : les fraudes et la concurrence des vins d’Algérie, d’Espagne et d’Italie qui étaient peu chers, alors que le Languedoc-Roussillon produisait le tiers du vin français, ce qui mit la région en crise.

Au début du XIXème, la viticulture prospéra malgré certains vins industriels de qualité médiocre destinés aux catégories socio-professionnelles les moins favorisées. La deuxième moitié du siècle fut alors le théâtre de multiples fléaux qui sévirent en Languedoc-Roussillon : d’abord, l’oïdium en 1852, suivi du phylloxéra en 1864 puis, à la fin du siècle, la concurrence féroce de la part des vins Algériens et une période de surproduction. Tous ces événements plongèrent la région en crise bien que l’Hérault, l’Aude et les Gard fussent les meilleures régions viticoles françaises.

 

Sous l’influence de Proudhon et de Louis Blanc, des syndicats vignerons se formèrent alors. Leurs objectifs étaient les suivants : améliorer la production, protéger les vins français de la concurrence étrangère et lutter contre la spéculation. La première coopération fut créée en 1901. Une loi de 1905 pour empêcher la fraude fut instaurée, mais non appliquée, débouchant sur de multiples révoltes et manifestations. Clémenceau fut contraint de concéder que la loi de 1905 avait été mal appliquée, d’où une nouvelle loi en 1907, instaurant le Service Central de la répression des Fraudes et la création, par les viticulteurs, d’une institution regroupant les syndicats vignerons, la Confédération générale des Vignerons suivie en 1912 par la création de la Fédération des associations viticoles françaises.

Au début du XXème, la région produisait surtout des vins de table. La première guerre mondiale ravagea les vignobles d’où la nécessité d’importer des vins Algériens. Aux années folles, la production fut multipliée par deux, les caves fleurirent mais la concurrence des vins Algériens fut féroce. Le gouvernement décida alors, en 1931, de prendre trois mesures : geler une partie de la production, distiller le vin et échelonner sa production afin de maintenir les prix. Mais lors de la deuxième guerre mondiale, les vignobles furent délaissés à cause de l’occupation allemande. L’activité reprit après la guerre par une replantation des vignobles et une modernisation de la culture de la vigne. Une nouvelle maladie frappa les ceps en 1946, obligeant les viticulteurs à désinfecter et à laisser leurs terres en friche, les poussant à la révolte auxquelles le gouvernement répondit par la destruction de certains vignobles.

Malgré l’indépendance de l’Algérie, les accords d’Evian permirent aux vignerons algériens de n’être pas taxés lors de l’exportation de leurs vins, débouchant sur de nombreuses grèves et dommages logistiques. Bien que le vin algérien fut proclamé bien étranger en 1966, une nouvelle crainte survint : celle du Marché Commun Européen. Mais le marché et les prix furent rapidement unifiés.

Dans les années 70, la région fut en crise à cause des vins importés. Chirac tenta de restructurer le vignoble, sans succès. La Communauté européenne instaura des primes à l’arrachage, un contrôle des nouvelles cultures et un renouvellement des cépages afin d’améliorer la qualité des vins et de favoriser leur labellisation.

 

Aujourd’hui, la région s’adapte à la mondialisation, la plaçant en concurrence avec les vins étrangers et face à une baisse des exportations de vin français.

La mauvaise réputation acquise au début du XXème par la production de vins de table persiste, de sorte que les viticulteurs de la région vendent plus à l’étranger qu’en France. Mais les américains et les anglais investissent dans la région, aboutissant à l’utilisation d’une technologie haut-de-gamme, comme les cuves thermorégulées, courantes dans la région et très utiles lors de fortes chaleurs.

Certains importateurs et des courtiers établis en France ont mis fin à la production de masse. Grâce à des méthodes de production neutres et à l’arrêt de l’utilisation de filtrations et de collages, on obtient une meilleure qualité des vins de la région.

 

Sources :

Histoire du vignoble et de la viticulture en Languedoc Roussillon
Vin Vigne - Languedoc

Parker Robert. Guide Parker des vins de France. 6ème édition. New York : Solar Éditions, avec l’accord de Simon and Schuster, 2007 2008, pp. 1037-1038.

 

Événements qui ponctuent la vie de la région

  • Festival de Saporta : cet événement consiste, de la part des vignerons, à faire découvrir au public les vins des producteurs ainsi que les produits régionaux. À découvrir tout l’été, les mardis soir, pour 3€ les 2 verres et un verre de dégustation compris

  • Estivales de Pézénas : les producteurs de l’AOC Terroir de Pézenas accueillent le public pour leur faire découvrir leurs vins, et ce tous les vendredis soirs pendant la période estivale. 3€ les 2 verres et un verre de dégustation offert.

  • Foire aux vins d’Uzès : depuis 38 années, les vignerons vous font découvrir leur production. Cette année, 57 exposants vous accueilleront pour dégustation, vente aux enchères et animations dans la ville d’Uzès.

  • Fête des vendages de l’AOC Faugères : vers fin août, la fête des vendanges est l’occasion de célébrer, en musique et avec des animations, le début officiel des vendanges. Et la fin des vendanges, appelé ban des vendanges, se déroule dans la cour du château de Fos. C’est l’occasion de découvrir les vins de cette AOC ainsi que certaines productions locales.

 

Source : l'Agenda du Vin du site mon vigneron.com

 

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