illustration de la région de Bourgogne

Superficie, départements, régions viticoles et couleurs

Le vignoble bourguignon, morcelé depuis que Napoléon a aboli la législation sur les successions, s’étend sur presque 28 000 hectares (3% du vignoble français), 3 départements (Côte-d’Or, Saône-et-Loire, Yonne) et 5 régions viticoles (Chablis & Grand Auxerrois, Côte-Chalonnaise & Couchois, Côte-de-Nuits & Hautes Côtes de Nuits & Châtillonais, Côte-de-Beaune et Hautes Côtes de Beaune, et enfin Maconnais). La production est tournée en majorité vers des vins rouges et blancs secs et très peu de rosés.

Climat

La Bourgogne bénéficie d’un climat semi-continental. En d’autres termes, les hivers froids durent mais offrent à la vigne un repos nécessaire. Les printemps sont doux et pluvieux et les étés chauds, arides et ensoleillés, optimisant ainsi la maturation des raisins. 

Caractéristiques des vins

Les vins de Bourgogne sont caractérisés par leur diversité et leur complexité. Une très large offre est disponible mais la qualité des millésimes peut être très différente. La plupart des vins de Bourgogne sont des vins d’une garde de huit années maximum.

Les vins de Bourgogne sont complexes. Il peut y avoir une grande disparité quant à la qualité d'un même vin car certains vignobles appartiennent à plusieurs producteurs. C'est ainsi qu'un vignoble de grande réputation peut fournir des vins médiocres : cela dépend du producteur. C’est le cas pour de nombreuses régions bourguignonnes à l’inverse des autres régions françaises où les vins, provenant d’un vignoble particulier, sont de qualité similaire puisque produits par la même personne.

Cépages

En Bourgogne, on trouve essentiellement du Pinot noir, du Gamay et du Chardonnay, trois cépages dont les caractéristiques leur sont propres.

Le premier est extrêmement instable et changeant. Sa vinification est difficile mais lorsqu’elle est réussie, celle-ci est exceptionnelle et produit des rouges gras et onctueux, notamment ceux issus de la Côte d’Or. Des raisins complexes entraînent des vins riches et complexes, mais le nombre d’excellents Pinot noirs se compte sur les doigts de la main. Les meilleurs d’entre eux, à la robe assez claire, exhalent des effluves d’épices et de fruits rouges et se révèlent veloutés, souples, doux et riches en bouche.

Les rouges issus du Gamay offrent des vins fruités, épicés, souples, francs, mûrs et légers et leur association avec le Pinot noir est à l’origine du vin d’AOC Passetoutgrain.

Le Chardonnay entre dans la composition de nombreux blancs bourguignons, par exemples les blancs du Mâconnais. Les Chablis sont pierreux, minéraux et acides ; les Côtes-de-Beaune, au nez crème, de beurre et de fumé, déploient des arômes de noisette grillée et d’amande. Enfin, les Mâconnais, riches, sont caractérisés par des arômes de citron. Parmi les cépages blancs, on trouve également l’Aligoté, le Pinot blanc parfois et en très faible quantité, le Pinot gris.

Classements et récompenses

Première région en terme de volume produit, de diversité des vins et de notoriété, la Bourgogne est également classée quatrième en terme de surface des vignobles AOC.

Autres informations

Dans les années 1970 et 1980, les vins de Bourgogne sont, pour la plupart, chers, complexes et parfois de mauvaise qualité. Le renouveau du vignoble bourguignon date de la fin du XXème siècle et plus particulièrement des années 1990. Leur qualité s’est nettement améliorée depuis et on trouve beaucoup plus de bons producteurs qu’avant. Si certains vins bourguignons ne sont accessibles qu’à de riches acquéreurs, d’autres sont excellents et accessibles par tous.

L’amélioration de la qualité des vins bourguignons est due à la mise en bouteille directement au domaine. De nombreux viticulteurs vendaient leurs raisins fermentés à des producteurs qui élevaient et mettaient le vin en bouteille. En stoppant les mélanges, malgré l’arrivée de vins chers et de mauvaise qualité, cela eut un effet bénéfique pour la majorité des vignerons,

En outre, pendant de nombreuses années, les consommateurs achetaient le vin selon l’appellation qui, comme on l’a vu précédemment, n’est pas toujours gage de qualité.

Enfin, les vignerons bourguignons ont longtemps eu pour habitude de consommer uniquement les vins de leur vignoble, les empêchant ainsi de juger la qualité de leur propre vin à l’aune de celle des autres. D’autant que les pratiques se perpétuant de père en fils, les mauvaises techniques n’étaient pas changées. Ce n’est que depuis les récents héritages des domaines familiaux que des transformations, en terme de techniques, ont été amorcées : fin du collage, de la filtration et des engrais limitant les volumes mais améliorant la qualité.



On reconnaît un bon vin de Bourgogne à : « 1. la qualité du producteur, 2. la qualité du millésime, 3. le potentiel du vignoble et des parcelles » (Parker, Guide Parker des vins de France).

Si la qualité du raisin est importante, l’habileté du producteur l’est encore plus. C’est pourquoi, il n’est pas inutile de connaître le nom de certains excellents producteurs (en rouge : les domaines Joblot, Leroy, ou Claude Dugat par exemple ; en blanc : les domaines Bertagna, Jean-Marc, ou Rossignol). En outre, le climat de la région, dont l’influence est grande sur la qualité des vins, peut rendre mauvais un raisin dont la maturité semblait bien lancée, comme il peut totalement sublimer les vins qui seront produits, d’autant plus que le Pinot noir, présent dans cette région, est un cépage instable. Certaines années sont excellentes, tandis que d’autres sont à éviter.

Enfin, la composition des sols joue un rôle important dans la qualité d’un vin. C’est pourquoi une hiérarchie, dont la mention est obligatoire sur l’étiquette, a été établie en 1930, séparant les vins entre ceux d’appellation régionale, ceux de villages, les premiers crus et enfin, les grands crus. Mais attention, car cette hiérarchie n’est pas le seul élément à prendre en compte. Ainsi peut-on tomber sur un grand cru de mauvaise qualité et les plus chers d’entre eux ne sont pas forcément les meilleurs. En effet, le prix est déterminé par l’appellation et non par la qualité du vin. C’est pourquoi, tous les éléments ci-dessus sont à prendre en compte.

Histoire

On estime que le vignoble de Bourgogne a été introduit par les gallo-romains aux Ier et IIème siècle après J-C. L’existence de ce vignoble a été établie en 312 dans un discours d’Eumène.

 

Entre les années 500 et 1400, le vignoble de Bourgogne se forme peu à peu via la mise en place de clos, c’est-à-dire d’entités foncières qui délimitent certains vignobles. Les moines, principaux viticulteurs à cette époque, s’occupent bien de la vigne et commencent à sélectionner les cépages afin d’obtenir d’excellents vins. C’est également à cette époque que l’identité du terroir gagne en importance et que la notion de cru commence à émerger. D’ailleurs, une grande partie des appellations et de leurs délimitations d’aujourd’hui date du Moyen-Âge. La Bourgogne est l’un des premiers vignobles où de telles restrictions voient le jour.

Les Ducs du XIVème et XVème siècle, propriétaires de vignobles bourguignons, sont les premiers à mettre en œuvre une politique viticole. Celle-ci consiste en 1395, avec  Philippe le Hardi par exemple, à ne pas sacrifier le Gamay au Pinot noir et privilégier la qualité à la quantité. La première rivalité viticole, entre riches et nobles d’un côté et population locale de l’autre, commence ainsi et ne prendra fin qu’au XXème siècle. Cette période marque également le début des premières restrictions, quant à la culture de la vigne et de la viticulture, en établissant des règles bien précises destinées à garantir la qualité du vin.

 

Au XVII et XVIIIème siècle, le vin de Bourgogne est déjà réputé, bien que concurrencé par le vin de Champagne. C’est une ordonnance écrite par Fagon pour le Roi Soleil à la fin du XVIIème siècle qui met en avant le vin de Bourgogne à la cour : selon le médecin, le Bourgogne aurait des effets bénéfiques sur le roi, meilleurs que le vin de Champagne. Dans le même temps, un vigneron de la région de Mâconnais, Claude Brosse, part à Versailles pour vendre directement son vin à la cour. Le XVIIIème, le Siècle des Lumières, est ainsi l’occasion de comprendre les raisons de la qualité du vin bourguignon.

En 1728, le livre de l'abbé Claude Arnoux, à propos du vin de Bourgogne, est publié. Cet écrit marque la naissance du vocabulaire de la dégustation, qui s’enrichit au fil du temps. On parle pour la première fois de robe, de goût, d’arômes et les premiers négociants-éleveurs prennent peu à peu la place des commissionnaires et courtiers-gourmets qui étaient les principaux intermédiaires entre le vin et les dégustateurs. En outre, les monastères commencent à déchoir et la haute bourgeoisie et la noblesse, très intéressées par la viticulture, prennent le relais.

A la Révolution, la dépossession des terres du Clergé et d’une partie de celles de la noblesse, désormais biens nationaux, bénéficie à la bourgeoisie bourguignonne et à des spéculateurs parisiens qui achètent les terres aux enchères.

 

Mais l’âge d’or du vin de Bourgogne a lieu au XIX et XXème siècle. Alors qu’il était d’usage de consommer du Bourgogne à la cour, Napoléon ne tolère que le Chambertin, vin de Côte-d’Or, respectant ainsi les recommandations de ses médecins. En outre, le Bourgogne rouge acquiert une identité nouvelle au XIXème, qualifié alors d’opulent et de robuste ; l’apogée du vin blanc viendra quelques temps après. On l’exporte beaucoup, notamment en Russie et en Amérique.

Dans les années 1870 et 1880, une majeure partie du vignoble français, et la Bourgogne n’est pas épargnée, est atteint par le phylloxéra. Il provoque des dommages considérables et le seul moyen d’en venir à bout consiste à greffer les plants. Malgré quelques inquiétudes, la qualité n’en est pas altérée. S’amorce alors une phase de replantation du vignoble qui durera près de trente ans,On commence également à mécaniser la viticulture.

Après la première guerre mondiale, le volume de vins vendu décroît et, à la suite de l’éclatement de certains vignobles, de petits viticulteurs achètent des bouts de vigne dans les années 1920, pour former certains des grands domaines d’aujourd’hui.

En 1930, les Appellations d’Origine Contrôlée sont reconnues et on fixe des règles de culture qui garantissent la qualité du vin et du terroir.


Sources :

Vins de Bourgogne

Parker Robert. Guide Parker des vins de France. 6ème édition. New York : Solar Éditions, avec l’accord de Simon and Schuster, 2007 2008, pp 557-569

Événements

  • La Saint-Vincent tournante : fête religieuse qui a lieu toujours à des endroits divers, afin de découvrir les vins d’une région. Une variante, la Saint-Vincent tournante, célèbre le « père du vin » ; c’est l’occasion de découvrir également les vins d’une région, mais aussi de suivre certains rituels.
  • La vente des vins : cet événement, qui peut avoir lieu plusieurs fois dans l’année, de même que la Saint-Vincent, ne se déroule pas toujours au même endroit. C’est également l’occasion de découvrir les vins d’une région précise.

Consultez également les autres événements de la région Bourgogne

 

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