illustration région bordelaise - raisin

Superficie, départements et régions viticoles

Le vignoble bordelais s’étend sur 28 000 hectares soit 14% du vignoble de France. Il est divisé en cinq zones : la Rive Droite, qui comprend les Saint-Émilion, Pomerol, Fronsac et les Côtes-de-Bordeaux au Nord-Est et à l’Est ; Entre-deux-Mers, au Sud-Est ; Graves, au Sud-Ouest, à l’intérieur de laquelle se trouve la région Sauternais ; enfin, le Médoc, au Nord-Ouest. Toutes ces zones viticoles sont situées autour de Bordeaux, exclusivement en Gironde.

 

Climat

Le vignoble de Bordeaux bénéficie d’un climat océanique tempéré : les hivers sont doux, les printemps pluvieux, les étés ensoleillés et les automnes agréables. En outre, la brise du Gulf Stream, un courant marin chaud, souffle sur la région. Cette dernière est protégée des vents de l’Atlantique par une barrière de pins.

 

Caractéristiques des vins et couleur dominante

La production bordelaise se décline en vins rouges qui représentent 90% de la production totale. On trouve également des blancs secs, moelleux et liquoreux ainsi que des rosés effervescents.

 

Cépages

Les cépages dominants cultivés ici et là dans le vignoble bordelais sont le Cabernet Franc, le Cabernet-Sauvignon, la Muscadelle, le Merlot, le Sauvignon et le Sémillon.

 

Classements & récompenses

Le vignoble se hisse à la première place des exportations de vins tranquilles produits en AOC et c’est lui qui produit, de manière plutôt continue, des vins d’excellente qualité. En outre, plusieurs classements —cinq pour être précis— attestent ou non de la qualité des vins de Bordeaux : le classement de 1855, celui des Graves, celui de Saint-Émilion, les Crus Bourgeois et enfin les Crus Artisans

 

Histoire

On date la naissance du vignoble bordelais au Ier siècle après J-C grâce à un peuple celtique, les Bituriges, qui plantèrent leur propre vigne : le Biturica, dont sont issus les cépages Cabernets. D’autres affirment plutôt que le vignoble de Burdigala —nom attitré à Bordeaux à l’époque romaine— a vu le jour sous l’impulsion de notables bordelais qui, face aux prix exorbitants des vins importés, auraient décidé de produire leur propre vin et d’en exporter. Quoi qu’il en soit, on estime que le cépage Biturica, qui souffre moins des hivers froids que d’autres plants, est le cépage grâce auquel le vignoble bordelais s’est développé. C’est ainsi que commença l’histoire du prospère vignoble de Bordeaux.

Certains vignobles étaient déjà, à l’époque, morcelés en terrains aux côtés desquels trônaient des villas gallo-romaines. Mais la chute de l’Empire Romain laissa place à cinq siècles instables qui ruinèrent les vignes. Encore une fois, c’est grâce aux moines que le vignoble put être sauvé puisque ces derniers eurent l’intelligence de préserver des plants de Biturica et de les entretenir autour des abbayes et églises.

 

En 1152, le mariage de Henri Plantagenet, qui sera roi d’Angleterre deux ans après, et de la Duchesse d’Aquitaine Aliénor favorisa grandement le commerce entre anglais et français. Les premiers échangèrent des aliments, des métaux et du textile contre du vin de Bordeaux. Le port de Bordeaux et le vignoble bordelais connurent ainsi un essor significatif. En outre, les vignerons furent exonérés de taxes, ce qui leur permît de favoriser leur production de Claret, prédécesseur des rouges, à la robe rose foncé. Cette prospérité dura trois siècles, période durant laquelle Bordeaux fut une province anglaise.

 

La Guerre de Cent Ans entre la France et l’Angleterre, dès 1337 mit fin aux échanges commerciaux prospères et les Français récupérèrent Bordeaux lors de la bataille de Castillon, en 1453. Mais cette victoire fut amère puisque les échanges commerciaux avec l’Angleterre cessèrent du même coup.

Le règne de Louis XI, de 1461 à 1483 marqua le retour des exportations viticoles bordelaises. Un quartier, les Chartreux, connu aujourd’hui sous le nom des Chartrons, leur fut réservé. Ainsi le commerce international de vin, depuis Bordeaux, reprit-il doucement.

 

XVIIème siècle

De nouvelles destinations pour les exportations de vins virent le jour, vers les Pays-Bas, la Hanse germanique et la Bretagne. Les Pays-Bas n’achetèrent pas, uniquement, le vin pour la dégustation mais pour produire de l’eau-de-vie. C’est la raison pour laquelle Bordeaux commença à leur vendre également des blancs doux et secs.

 

XVIIIème siècle

Les exportations de vin depuis Bordeaux s’accrurent grâce au commerce colonial avec les Îles d’Amérique, les Petites Antilles et Saint-Domingue, tandis que le volume de vin envoyé vers l’Angleterre diminuait. Grâce à ces nouveaux échanges, Bordeaux devint le premier port français. Même si les Anglais n'étaient plus les premiers importateurs de vins de Bordeaux, la haute société londonienne recherchait désormais d’excellents crus. Pour la première fois, le vin ne fut plus envoyé en tonneau mais en bouteilles scellées et bouchées.

 

XIXème siècle

Au début du siècle, la production et les exportations connurent une avancée fulgurante. De nombreux investisseurs se tournèrent vers le nord de l’Europe et l’Angleterre devint, de nouveau, le plus gros importateur de vins de Bordeaux. La Révolution Industrielle, et le libre-échange qui s’étendit, participa également à cette prospérité retrouvée. En outre, à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1885, le Classement des meilleurs crus traduisit la volonté de rechercher la qualité.

Pendant la deuxième moitié du XIXème siècle, le vignoble bordelais subît de nombreux dégâts. Des maladies dues à l’oïdium, au phylloxéra et au mildiou ravagèrent les vignes et le vignoble bordelais en ressortit amoindri.

 

 XXème siècle

Après la crise de la seconde moitié du XIXème siècle survint une nouvelle crise, au début du XXème siècle. La révolution russe, la première guerre mondiale et de la prohibition américaine entrainèrent la baisse des prix et l’escroquerie. Pour contrer les fraudes, la loi de 1911 à propos de l’origine des vins fut promulguée et on délimita les aires d’appellation. S’ensuivit la création de l’Institut National des Appellations d’Origine (INAO) en 1936 et des AOC dont les normes furent fixées par des « décrets de contrôle ayant trait aux cépages, rendements, superficies et méthodes de production. Ainsi, 97% des vins bordelais sont aujourd’hui classés en AOC. Cette lutte s’effectue à peu près en même temps que la création de l’Union de la Propriété et du Commerce, première ébauche de nos Comités Interprofessionnels.

D’autres classements virent également le jour en 1955 : les Graves, Saint-Émilion. Si les gelées de 1956 causèrent d’importants dégâts, la demande internationale fut tellement forte que l’activité reprit l’année d’après.  L’époque fut également marquée par d’importants progrès techniques, en agronomie, œnologie et viticulture, mais aussi par l’apparition de nouveaux concurrents (l’Australie ou la Californie par exemple).

 

Sources :

Academie des vins de Bordeaux

Unions des maisons de Bordeaux

 

Événements

  • Bordeaux Fête le Vin : ce rassemblement, sur les magnifiques quais du port, a lieu tous les ans durant le dernier week-end de juin. Consacré aux vins de Bordeaux et d’Aquitaine, c’est l’occasion de découvrir les vins de la région et certaines spécialités locales.

  • Vinexpo : cette exposition est LE rassemblement des opérateurs de vins et spiritueux du monde entier. Elle se tient tous les deux ans et les acteurs de ce secteur viennent y exposer leur production. En règle générale, cette exposition concerne essentiellement les grands producteurs.

  • Cité des civilisations du vin : Guidée par une volonté de transmettre le patrimoine et la culture liés à la vigne et au vin, présente depuis des millénaires, l’association de la Cité des civilisations du vin a décidé la construction de ladite Cité, dont l’ouverture est prévue pour 2016. Les enjeux sont à la fois culturels —la Cité accueillera des conférences et des colloques, ainsi que des rencontres cinématographiques, littéraires, etc.—, touristiques en raison de l’image viticole de Bordeaux et économiques puisque ce projet est créateur d’emplois et attractif.

 

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